Les Danses

Les Danses

(Ces quelques propos ne se veulent pas un exposé exhaustif sur les danses de société du XIXème siècle mais un début d’éclairage. De très nombreux sites accessibles par les moteurs de recherche sont disponibles)

Propos issus de publications de Yvonne VART :
Le XIXème siècle dansant ne me paraît commencer qu’en 1830 pour s’achever en 1914. Aux pas « classiques » (chassés, mouchetés, jetés, ballonnés, …) qui étaient de rigueur dans le quadrille (ou contredanse) dès avant 1800, succède alors une simple marche pour décrire les figures, comme nous le faisons toujours pour décrire les quadrilles du XIXème siècle.

LE QUADRILLE FRANCAIS

Le quadrille français, fleuron des bals durant tout le XIXème siècle, connut une rupture stylistique brutale à la Restauration. Il descend de la contredanse française du XVIIIème siècle, qui elle-même peut être considérée comme issue du croisement de deux danses : la contredanse anglaise et le cotillon.

Cette contredanse française est ainsi composée de 4 couples disposés selon un carré. Après une période où l’on pouvait trouver un enchainement pouvant aller jusqu’à 9 contredanses différentes, ce sont 5 figures qui vont se fixer et former « le quadrille de contredanses ».

Dès le Directoire, les trois premières figures sont figées : ce sont le pantalon, l’été et la poule. La 4ème peut encore être choisie entre la pastourelle, la trénis ou la polonaise. Diverses combinaisons de finales sont proposées pour la 5ème figure, le plus souvent constituée d’un chassé-croisé suivi de la figure de l’été, ou d’un galop appelé « Saint-Simonienne ».

La rupture énoncée ne concerne pas la chorégraphie mais les pas qui deviennent des pas marchés, réalisables par tous.
Cette structure de quadrille, qui pénétra nos frontières au début du XVIIIème siècle, prendra le nom de QUADRILLE FRANCAIS dans la 2ème moitié du XIXème siècle et dominera par ses déclinaisons (de très nombreuses variantes de quadrilles : le quadrille du prince impérial, le quadrille des variétés parisiennes, le quadrille des dames, le quadrille russe, …) les bals français pendant plus de deux siècles.

LE QUADRILLE DES LANCIERS

Le Quadrille des Lanciers inventé à Dublin en 1818 par Monsieur Duval, un professeur de danse français, fut importé d ‘Angleterre en France vers 1856.
Le plus connu est le Quadrille des Lanciers d’Olivier Métra ; il se compose de 5 figures (les tiroirs, les lignes, les saluts, les visites, les lanciers) et ne se danse qu’à huit personnes.
Il fut dansé régulièrement jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Il l’est encore en démonstration chaque année au bal de l’X (Ecole polytechnique).

LE QUADRILLE AMERICAIN

On devrait plus justement parler DES quadrilles américains car nous avons connaissance de 2 quadrilles complètement différents ; l’un composé sous le second empire peut prétendre à son nom par la nationalité d’un de ses 2 chorégraphes, l’autre qui n’a d’américain que le nom fut composé en 1877 pour sa 1ère version.
L’américain : quadrille-galop
Danse composée à Dieppe par Cellarius et J. Martin de Philadelphie. Musique composée expressément pour ce quadrille par Musard.
Les figures sont : Boston, Paris, New-York, Dieppe et Philadelphie.
Le Polo américain : quadrille de François Paul, auteur du Polo (variante du quadrille français)
Les figures sont : promenade, corbeille, chevaux de bois et l’américain.

LA VALSE

La valse, appelée d’abord wals ou waltz, descendante directe du landler autrichien ou bavarois à 3 temps, reprend à ses débuts les mêmes positions de bras que l’allemande* avec laquelle on la confond sur les gravures de l’époque.
Malgré son origine allemande, c’est un anglais, Wilson, qui est le premier à en décrire les pas dans sa « Description of the correct method of waltzing » (London, 1816)
Son chapitre sur la « French waltzing » décrit 3 mouvements successifs :
– « the slow walz » (valse lente),
– « the sauteuse waltz » (sauteuse) et
– « the quick sauteuse waltz » (sauteuse rapide),
en recommandant à ses élèves-lecteurs de « se tenir sur la pointe des pieds, les genoux parfaitement tendus ».
Malgré son succès auprès des muscadins et des merveilleuses, la valse mettra plus d’un demi-siècle à se faire accepter : « j »ai entendu parler d’une certaine Walse qu’on dit être encore plus indécente que l’allemande » dit l’abbé Reyre en 1786
« Très peu de jeunes filles valsaient et beaucoup de femmes mariées s’abstenaient de cette danse, introduite par les impures du Directoire » renchérit Brieux St Laurent en 1857.
* (danse de passages sous les bras sans que les mains ne se lâchent que l’on retrouve dans le rock moderne, voir « passes d’allemandes d’après Dubois par Yvonne Vart et Alain Riou, éditions Révérences)

LA POLKA

Contrairement à de nombreuses danses qui s’installèrent doucement dans notre répertoire, par évolution de danses qui les précédèrent (voir le cas du quadrille), la polka déferla sur la France et l’Europe « comme un ouragan » pendant l’hiver 1844. On parla alors de « polkamania »…
Le pas, qui est un pas de polka sauté moucheté : « pied derrière la cheville, à la naissance du mollet de la jambe » et la chorégraphie, composée de 10 figures : « promenade, walse, walse à rebours, walse tortillée, pas bohémien, changement de bras, pas bohémien en changeant de bras et en walsant, moulinet d’une main, moulinet en suivant sa danseuse et en la faisant tourner, passe double ».

C’est grâce à la polka que la valse, encore mal acceptée après un demi-siècle, trouvera sa juste place dans le bal, et que s’engouffreront à sa suite la redowa, la varsovianna, la mazurka et la scottish.