Bal des Barrières, Paris, 16 mars 2019

Bal des Barrières, Paris, 16 mars 2019

Loin des salons huppés du Faubourg Saint Germain…
Loin des bougies qui illuminent les ors des palais de la Plaine Monceau…
Loin des salles bondées des cérémonies officielles…
Près de la barrière d’Aulnay (ex barrière de la Folie Regnault)…


Là où le vin rouge peut couler à flots puisqu’il n’a pas à payer l’octroi…
Là où l’on danse en quadrillant, polkant ou valsant…
Là où l’on est accepté même sans être à la mode de la « haute »…

Entre la Restauration et la Première Guerre Mondiale, on dansa à Paris ailleurs que dans les salons du Faubourg Saint Germain, réservés à une petite élite aristocratique. On s’ennuyait fort dans les bals officiels. Les bals publics étaient nombreux et le Grand Bal de l’Opéra, bien que couru mais très cher, n’était pas celui où l’on se rendait chaque semaine comme chez Mabille ou Bullier. On se retrouvait aussi dans les bals de société, un peu à l’image de ceux que nous organisons le plus souvent ou dans les bals populaires. La danse était plus qu’un passe-temps ou un plaisir, c’était le moyen de sortir de chez soi, de se socialiser, de faire des rencontres.

Existaient de nombreux estaminets où l’on pouvait se retrouver après le travail avec ses collègues ou les habitants du quartier. Certains opuscules ont très tôt existé pour guider l’amateur ou le touriste de province. Si certains réunissaient des confréries professionnelles, d’autres avaient la faveur des étudiants, des grisettes, voire des lorettes…

Dans certains lieux l’ambiance était si chaleureuse qu’on y courait depuis Paris (mais on évitait bien sûr d’y apporter ses plus beaux bijoux) … Il faut toutefois reconnaître qu’au-delà des barrières un autre argument expliquait l’engouement de certains lieux : le vin n’avait pas à payer l’octroi pour entrer dans la capitale…

Bien entendu,; les conseils suivants ont été de mise à ce bal : Ne sortez donc pas vos plus beaux atours, Mesdames, car des marlous seront sans doute parmi nous, malgré la présence du « municipal » envoyé par la mairie tant pour assurer la sécurité que pour veiller aux bonnes mœurs des danses ! Certaines grisettes, venues en jupon, seront envieuses des robes des belles dames du centre de Paris. Les Cavaliers en habit seront ceux qui viennent fréquenter la lorette, incapables de payer un repas aux belles courtisanes. Ils y croiseront les étudiants, les calicots mais aussi quelques artistes, venant tous « suer une danse avec la demoiselle du coin » comme le rapporte Jean Galtier Boissière.

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